Réflexion sur le diagnostic paraclinique de l’anémie

Une discussion sous forme de table ronde a eu lieu le jeudi 25 avril 2019 au siège du CCSC-asbl autour du diagnostic paraclinique de l’anémie en RDC.
Elle a réuni autour de la table une dizaine de personnes : sept cadres de la Direction des Laboratoires de Santé, y compris son Directeur, Mr Malaba Munyandi, le Directeur de la Direction d’Etudes et Planification, Dr Alain M. Iyeti, un représentant de l’INRB, le Prof. Pierre Mukadi, un Infirmier Titulaire d’un centre de santé urbano-rural, ainsi que les trois experts du CCSC-asbl.

diagnostic paraclinique de l'anémie
Table ronde de réflexion sur le diagnostic paraclinique de l’anémie

Les objectifs de cette table ronde étaient de : (i) Présenter la Note de Politique rédigée par le CCSC-asbl sur le diagnostic paraclinique de l’anémie en milieux sous-équipés avec les recommandations y afférentes basées sur l’évidence; (ii) Discuter de la pertinence des recommandations, de leur acceptabilité comme options à considérer par les parties prenantes en présence (décideurs, prestataires) ; de leur faisabilité (coût, infrastructure, RH, charge de travail, …); (iii) Obtenir l’expression de volonté des décideurs à mettre ces recommandations en œuvre.

anémie
Table ronde de réflexion sur le diagnostic paraclinique de l’anémie

Après une discussion très ouverte et animée, on peut retenir ce qui suit :

(i) La pertinence des recommandations formulées dans cette note de politique ne fait aucun doute. L’anémie reste un problème majeur de santé publique en RDC. Disposer des tests diagnostiques avec un rapport  cout-efficacité acceptable au niveau des formations sanitaires des zones de santé est une préoccupation au niveau du Ministère de la Santé.

(ii) La méthode de Sahli semble être plus utilisée sur terrain que la méthode de Tallquist. Elles offrent toutes les deux une performance acceptable en termes de sensibilité et de spécificité. Elles peuvent donc être recommandables à court et moyen terme au niveau des formations sanitaires (FOSA) de première ligne. Pour minimiser leurs inconvénients, ces méthodes requièrent de la part des utilisateurs une formation préalable, des supervisions régulières, une charge de travail optimale et une amélioration de l’environnement de travail.

(iii) Au niveau des hôpitaux généraux de référence, la cyanméthémoglobine est préférable, suivie de l’hémocue.  Dans tous les cas, les hôpitaux devraient être mieux équipés. La mesure de l’hémoglobine ne suffit pas à elle seule à mieux asseoir le diagnostic de l’anémie. On a également besoin de la numération de globules rouges et de la mesure de l’hématocrite pour estimer les indices érythrocytaires. Comme pour les FOSA de première ligne, les laborantins des hôpitaux doivent être formés à l’utilisation de chaque méthode, supervisés régulièrement, avoir une charge de travail optimale et un environnement de travail propice aux activités de laboratoire de santé.

(iv) A long terme, il faudra bannir toutes les méthodes subjectives de diagnostic d’anémie et opter pour des méthodes quantitatives, plus précises.  Le Gouvernement devrait s’y engager avec l’appui de ses partenaires au développement.

(v) Pour aller de l’avant, la Direction des Laboratoires de Santé s’est engagé à approcher la Direction d’Etudes et Planification qui prépare l’enquête SARA, afin  d’intégrer dans les outils qui seront utilisés pour cette enquête des éléments qui permettront de faire aussi l’état de la disponibilité des différents tests de diagnostic de l’anémie dans les FOSA. Ceci est une étape importante pour la planification de l’acquisition des tests retenus et la mobilisation des ressources nécessaires auprès du Gouvernement et des partenaires au développement. 

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